Le cannabis est une plante composée de nombreuses molécules appelées les cannabinoïdes. Les chercheurs estiment que la plante de cannabis contient entre 80 et 100 cannabinoïdes différents et environ 300 autres composés chimiques divers et variés. Les deux principaux cannabinoïdes sont le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). Les taux de ces deux cannabinoïdes varient en fonction des variétés. En France, le THC est interdit et la commercialisation du cannabidiol est légale selon la lois à partir du moment que lui ou ses produits dérivés proviennent des fibres et des graines obtenues via la culture du chanvre sativa L  disposant d’un taux de THC inférieur à 0.2%. La cours de cassation a aussi jugé légal la fleur à partir du moment où celle ci a été cultivé en Europe. D’autres molécules tout aussi intéressantes se distinguent et apparaissent dans la composition des produits dérivés à base de cannabidiol. Par ailleurs, les cannabinoïdes sont également appréciés lorsqu’ils interagissent ensemble, c’est ce qu’on appelle l’effet d’entourage. Les techniques de récolte et d’extraction sont donc intéressantes à observer afin de conserver toutes les propriétés de la plante et la richesse de ses composants (on parle de produits à spectres larges ou complets).   

Le CBG : « le cannabinoïde des cannabinoïdes » 

Assez peu connu du grand public, le cannabigérol joue pourtant un rôle clé dans la composition du cannabis puisqu’il est le premier cannabinoïde à se former au sein de la plante. Si on le retrouve en faible quantité au naturel et sans sélections particulières en amont par le producteur, son taux atteint son apogée au moment de la floraison sous la forme CBGa. Celui-ci se transforme par biosynthèse en d’autres cannabinoïdes comme le THCa et le CBDa qui nous sont plus familiers. Il faut savoir que le “a” signifie qu’il s’agit de la forme acide de la molécule, celle présente à la base dans les fleurs de cannabis et change de forme seulement lorsqu’elles sont décarboxylées. Pour faire simple, il est nécessaire de transformer le THCa et le CBDa en THC et en CBD afin qu’ils puissent produire les effets recherchés sur notre organisme. Le processus de décarboxylation se réalise grâce à la chaleur : inhalation, vapotage, cuisson à température modérée…  

Le CBG est considéré comme un « cannabinoïde doux » car ses effets psychoactifs sont inexistants. Il n’est pas inscrit dans la liste de la Convention des Nations unies sur les substances psychotropes. En France, l’achat et la consommation du cannabigérol et de ses dérivés, comme les huiles, les isolats, les fleurs, ou même les hash sont considérés comme légaux. Bien qu’il soit plutôt connu de la communauté scientifique, les recherches à son égard sont encore trop peu développées. Cependant, il semble être plus efficace pour soulager des douleurs musculaires et lorsqu’il agit avec les autres molécules présentes dans le chanvre. Selon l’hypothèse de certains scientifiques, l’effet d’entourage permettrait de combiner les effets des différents composants du cannabis. Leur préservation garantirait donc une meilleure qualité au produit final, mais permettrait surtout de les faire interagir entre eux et d’en décupler les effets.  C’est pour cela qu’il est conseillé d’utiliser des huiles Full Spectrum, plus riche et plus varié en composants naturels.  

S’il reste encore beaucoup de choses à découvrir sur ce cannabinoïde, son potentiel intéresse de plus en plus l’industrie pharmaceutique et la communauté scientifique. Les quelques recherches existantes à son sujet émettent l’hypothèse, d’une action anti-inflammatoire et antibactériennes, notamment pour le traitement des infections cutanées. Il serait également un relaxant musculaire et un neuroprotecteur digne d’intérêt comme mentionné ci dessus. 

Le THC : « la star des cannabinoïdes » 

On ne le présente plus, le THC, de son appellation scientifique Delta-9-tétrahydrocannabinol, est un des deux cannabinoïdes les plus connus avec le cannabidiol. Il provoque des effets psychoactifs et modifie la perception lorsqu’il est consommé. Certains considèrent son effet « planant » comme indésirable, et il serait d’après certains consommateur à l’origine de nombreux disfonctionnement psychologique lié à l’enfermement sur sois, notamment la paranoïa, et d’autres formes plus aigue comme la bipolarité, voir la schizophrénie, sans parler de son côté très addictif, ce qui explique les raisons d’un contrôle accru à son égard. Consommé à des fins thérapeutiques ou récréatives dans certains pays, le Delta-9 divise malgré son utilisation dans certains traitements thérapeutiques ayant eu des résultats probants. D’autres préféreront son proche parent, le CBD, réputé beaucoup plus doux et « abordable » et surtout légal en tant que complément alimentaire au sein de l’hexagone.  

Important : Il est nécessaire de préciser que nous parlons ici du Delta-9-tétrahydrocannabinol (D9). En effet, depuis peu, les producteurs ont réussi à isoler d’autres molécules comme le Delta-8-tétrahydrocannabinol (D8) ou encore le Delta-10 (D10). Cependant, au yeux de la lois Française, ils restent tous illégaux car ayant tous les trois des effets psychoactifs.

Le CBD : un cannabinoïde non psychoactif de plus en plus plébiscité par les consommateurs 

A contrario,le cannabidiol n’est pas un psychoactif ni un stupéfiant. Profitant d’un vide juridique en France ces dernières années, la Cour de Justice Européenne a rendu illégal l’interdiction de sa commercialisation lors du procès Kanavape en novembre 2020. Cela confirme une nouvelle fois la légitimité de cette molécule même si elle ne saurait être reconnue comme un médicament. Les vertus supposées de cette molécule sont nombreuses et seraient, pour certains chercheurs, une alternative intéressante aux molécules artificielles présentes dans certains traitements.  

Le CBN : un tétrahydrocannabinol légal ?

Le cannabinol (CBN), existe en faible concentration dans certaines variétés de chanvre. Il est également le produit de la « dégradation » du tétrahydrocannabinol : lorsque ce dernier perd quatre atomes d’hydrogène à cause des actions combinées de la chaleur, de l’air et de la lumière (oxydation), il devient tout simplement du cannabinol. En somme, quand le cannabis s’assèche alors le THC se transforme CBN.  Ce cannabinoïde est un psychotrope modéré, moins puissant que le Delta-9-Tétrahydrocannabinol et sa structure chimique se rapproche de celle du cannabidiol. S’il n’a pas réellement d’effets « planants », il provoquerait un effet de somnolence assez puissant au point que certains le conseilleraient pour avoir un meilleure sommeil. Il n’a pas été inclus dans la liste des Nations Unies de la Convention unique sur les stupéfiants ni dans la Convention sur les substances psychotropes, il est donc, d’un point de vue international, considéré comme légal. Toutefois, chaque pays interprète le droit international de différentes manières et il est important de se renseigner sur les applications locales. En France, il profite, d’un vide juridique qui l’autorise seulement si la teneur en THC est inférieure à 0,2%. Encore discret sur le marché, il gagne en popularité grâce à ses vertus supposées contre la douleur, les inflammations, la perte d’appétit et l’hypertension.  

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