Une pratique taboo bien réelle ou un mythe ?

Nous avons vu et compris ce qu’étaient les terpènes lors d’un précédent article. Nous allons désormais tenter de comprendre une pratique qui consiste à ajouter des terpènes dans les produits à base de CBD. Nombreux sont les clients qui ne savent même pas que les produits qu’ils consomment, ont été “terpenisés”. Mais que veut dire exactement “terpéniser” ?

C’est très simple le terme “terpéniser”, est un verbe pour signifier qu’un produit – les fleurs ou les hash principalement – a reçu un ajout artificiel de terpènes. En effet, certains producteurs ou revendeur souhaitant obtenir une odeur de weed avec leurs fleurs de CBD utilisent cette technique une fois les fleurs rabaissées. Le rabaissement, comme nous l’avons expliqué dans un article précédent, détruit une bonne partie des terpénoides, en fonction de son intensité, ce qui explique que cette technique dites de terpénisation est très courante dans le marché du cannabis légal et surtout en France, là où le taux de THC est limité à 0.2%.

Les producteurs et les fournisseurs ont donc régulièrement recours à cette pratique afin de bonifier leur produit ayant subis un rabaissement or cela est invisible sur les analyses cannabinoides délivré par les laboratoires spécialisé. Et c’est là que se situe le problème. Le fait qu’il soit très difficile de détecter un ajout artificiel de terpènes fait qu’aujourd’hui, le manque de transparence par rapport à cela, devient presque alarmant.

Pour autant l’ajout de terpènes n’est pas une mauvaise chose. Ce procédé peut être fait avec des produits naturels et de qualité afin de venir enrichir le produit final, mais il est important et même essentiel d’en informer le client. Malheureusement, trop peu de shop osent en parler. Que ce soit dû à un manque de connaissance ou une omission délibéré, le résultat reste le même : le consommateur ne sait pas ce qu’il consomme.

En réalité, la plupart des shop ne savent même pas qu’ils vendent des produits “terpénisé” et par conséquent, il leur est difficile de prévenir leur client. De plus en plus de shop, prétendent vendre des produits sans ajout et totalement naturel, or c’est un fait, les fleur terpénisé sont toujours plus nombreuses sur le marché. Si tout les shop prétendent ne pas vendre des fleurs avec ajout de terpènes, où vont toutes ces fleurs ? La réponse est simple… dans ses même shop mais les producteurs se cachent bien de le signaler. Et très peu de dirigeant de shop ont les connaissances pour reconnaître un produit ayant subis une terpénisation, ils préfèrent se dire “oh elle sent fort”. Il y a donc un véritable taboo sur ce sujet et c’est ça le plus triste car au final, qui se retrouve réellement impacté par ce manque de transparence ? Le consommateur comme d’habitude.

Ce taboo a pris une telle ampleur de nos jours que beaucoup de consommateur pense que c’est une pratique à proscrire totalement alors même qu’ils sont en train de consommer des produits terpénisés et les apprécient. Le paroxysme même d’un déni globalisé. Si personne n’en parle alors ça n’existe pas, et la réalité devient un mythe !

Les différentes façons d’ajouter des terpènes dans le CBD  

On recense quatre assemblages différents de terpènes permettant de savoir si la “terpénisation” a été faite de façon qualitative ou non.  

  • Les terpènes synthétiques : Il s’agit, comme son nom l’indique, de molécules recréées en laboratoire. L’idée est de concevoir artificiellement une pâle imitation du goût et de l’odeur du produit d’origine. Nous déconseillons donc fortement l’usage de ces derniers. Odeur très chimique. Peut causer des mots de tête important.
  • Les profils non certifiés : Il s’agit de venir reconstituer un arôme spécifique à partir de terpènes naturels venant d’autres plantes. Malheureusement, l’absence de certification ne permet pas de savoir si ces terpènes viennent de produits de qualité, il est donc préférable de les éviter
  • Les profils certifiés : Même procédé mais cette fois-ci certifié et assurant la provenance naturelle des terpènes. Ils ne présentent aucun risque pour l’organisme mais restent toutefois assez éloignés de l’odeur propre aux fleurs de CBD arrivées à maturation. Il s’agit d’une alternative intéressante pour les producteurs et pour les consommateurs à la recherche d’un goût plus marqué. Tous les produits terpénisés vendu par 420 Green Road l’ont été avec des profils certifiés.
  • Les dérivés : Il s’agit du meilleur procédé connu à ce jour car les terpènes sont directement issus du chanvre et les arômes sont fidèlement restitués. Le prix étant assez élevé (15 000 à 20 000€ le litre), il est plutôt rare de trouver ce type de terpènes dans le commerce.  

Faut-il acheter des fleurs avec terpènes ajoutés ? 

Cela dépendra du goût de chacun. Si le fournisseur vous indique que ses fleurs ont été terpénisées, ou qu’il vend une gamme de fleurs “avec terpènes”, il s’agit d’une première marque de confiance. En général, un produit à base CBD et avec 0.2% THC très/trop aromatique ne peut l’être de façon 100% naturelle. N’hésitez pas à vous renseigner, la transparence est un gage de confiance mais attention le taboo est pugnace ! Votre nez est votre meilleure allié

Quant à savoir si ces fleurs sont faîtes pour vous, il est nécessaire de vous demander si vous souhaitez privilégier les arômes ou l’authenticité du produit. En effet la “terpénisation” n’est pas un processus naturel, même s’il peut être fait avec des terpènes naturels (profils certifiés / dérivés). Il en va de même pour les produits alimentaires, les yahourts ou encore les boissons… certains produits industriels sont hautement qualitatifs et respectueux du consommateur mais utilisent des additifs naturels afin d’accentuer les saveurs. Les puristes souhaiteront consommer un CBD 100% naturel – et nous les comprenons parfaitement – toutefois les terpènes naturellement présents dans la plante auront forcément perdu de leur intensité.  

Comme toujours, le consommateur doit être maître de ce qu’il consomme, et personne ne peut juger une bonne pratique plutôt qu’une autre à partir du moment où la transparence est total. Faut-il stigmatiser les personnes qui aiment Mcdo plutôt qu’un hamburger fait maison ou alors la liberté de chacun prône sur tout le reste ?